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   SARAHFAUGUET ET

 DAVIDCOUSINARD

CARLINGUE

Vue de l'exposition We can never go back to Manderley

40mcube, Rennes _ 2011

Les sculptures de Sarah Fauguet et David Cousinard empruntent au mobilier, à l’architecture et à la construction. Elles interviennent parfois sur l’espace d’exposition, dont elles modifient éventuellement la composition et certainement la perception. L’assemblage et l’agencement de plusieurs de leurs œuvres constituent des environnements souvent étranges.

Dans l’exposition « We can never go back to Manderley », produite par 40mcube, Sarah Fauguet et David Cousinard allient sculpture, intervention sur l’espace et fiction. Carlingue est une construction ouverte qui laisse apparente son ossature et sa structure empruntées aux techniques d’assemblage des charpentes. Cet habitacle apparaît comme une forme inachevée, en mutation, qui évolue au fur et à mesure qu’on la contourne. Elle fonctionne à la fois comme un objet autonome et une extension de l’espace d’exposition qui comprend lui-même un système de charpente apparent. Au détour de cette sculpture, on découvre un dessin représentant une corneille empaillée, avant de se retrouver face à un escalier menant à une porte inaccessible qui disparaît dans l’un des murs. Sur le principe des décors de cinéma, Découverte joue l’illusion en s’intégrant parfaitement au mur auquel elle est adossée.

Avec une sculpture abstraite aux allures de dessin vectorisé concrétisé par un bel ouvrage qui use de savoir-faire traditionnels en se détournant de toute fonction et une sculpture-cadre qui ouvre l’espace vers un ailleurs, l’exposition constitue un environnement entre architecture improbable, maquette démesurée et décor. Ces œuvres fonctionnent comme les éléments embryonnaires d’un espace et d’un temps autres, constitutifs d’un récit dont l’oiseau-oracle donne le ton. La phrase qui donne son titre à l’exposition, « We can never go back to Manderley », est extraite de l’introduction du film Rebecca d’Alfred Hitchcock, lui-même adapté du roman de Daphné du Maurier. En mettant l’accent sur un passage entre récit et image, Sarah Fauguet et David Cousinard réalisent une adaptation supplémentaire, par l’objet, de cette double référence littéraire et cinématographique. Ainsi, l’exposition semble matérialiser les vestiges mystérieux d’une époque indéfinie, issus de souvenirs et marqués par l’absence.

 

Anne Langlois