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   SARAHFAUGUET ET

 DAVIDCOUSINARD

CHECKPOINT

Wheeel, Printemps de Septembre, Musée des Abattoirs

Commande du Cnap, Toulouse _ 2007

Il y a un plaisir étrange et tenace à aller à la rencontre d’une œuvre, une curieuse exaltation à pénétrer un espace comme on se rend à un premier rendez-vous, plein d’envie et d’appréhension. Craindre que tout dérape. Espérer que tout nous emporte. Entrer dans une exposition de Sarah Fauguet et David Cousinard apaise instantanément nos craintes esthétiques avant de nous immerger dans le magma d’un monde qui se referme derrière nous. La rencontre tient d’une plongée en apnée dans une eau trouble et épaisse. Et tout dérape, tout nous emporte. Leur œuvre généreuse n’habite pas l’espace, elle le retourne, le dépèce, l’empêche, elle contre la permanence du lieu pour le rejouer intégralement. Elle affirme une présence qui ébranle nos certitudes sur ce que l’on attend de l’art. À l’évidence, tout cela n’est pas un charmant rendez-vous, c’est une collision frontale qui marque les esprits.

À travers leur art, Sarah Fauguet et David Cousinard mettent en place des conditionnements qui répondent à ceux qui ont cours dans notre quotidien. Leurs installations se composent de volumes sculpturaux qui agissent à plusieurs niveaux comme autant d’accessoires ou de décors d’un univers complexe et profond.

Leur vocabulaire plastique puise allègrement dans les formes architecturales, les pièces de mobilier et les motifs ornementaux, il joue du faux-semblant, de la patine et de la texture. Extraits de leurs contextes, tous ces « éléments similis » perdent leur échelle et s’assemblent sans complexe, ils se parasitent jusqu’à ce que la trace de leur origine disparaisse.

Checkpoint participe de la même envie de proposer une masse architectonique envahissante qui devient le point de rencontre de divers fragments (colonnes, vide-ordures, piercing...). L’installation, à l’esthétique « rétro futuriste », amalgame un ensemble de sculptures autonomes qui trouvent dans l’espace de ce poste frontalier d’urgence le lieu d’une cohabitation faisant sens, elles mettent en place la possibilité d’un récit. L’œuvre se pose dans l’exposition et contraint la déambulation du spectateur, empêche son passage. Elle affirme une présence autoritaire qui reproduit des systèmes de violence efficients dans la société. Ainsi, avec acuité, les ar tistes opèrent un cadrage sur le réel qui provoque le télescopage. Leur œuvre devient le catalyseur de forces de pressions, à travers le langage sculptural, elle réfléchi le monde dans la sourde violence de sa réalité.

Guillaume Mansart