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   SARAHFAUGUET ET

 DAVIDCOUSINARD

JOHNNY VINGT-TROIS

> Public

Paris _ 2005

Johnny vingt-trois est un dispositif sculptural complexe. Il fonctionne à la fois comme un décor pour des sculptures et étend ses dimensions sculpturales à la totalité du lieu d’exposition, les parties et le tout se superposant en un fondu enchaîné. Divers traitements sculpturaux cohabitent ici : moulages rudimentaires en plâtre d’objets à échelle un (postes informatiques et plantes), objets traités selon des codes ornementaux inappropriés (masses en bois aux moulures typiques d’un mobilier Louis Philippe posées sur des pieds d’animaux empaillés), trompe-l’oeil répartis sur toute l’architecture de l’exposition (surfaces vieillies et traces d’humidité, éclai- rage terne d’un ascenseur de hall d’hôtel...), l’ensemble tendu par quelques dangereux disfonctionne- ments (câblages électriques en cuivre, télés de surveillance et réseau d’eau en circuit fermé). Une paroi vitrée laisse entrevoir une arrière salle inaccessible. Le spectateur se trouve partiellement intégré dans un dispositif visuel imposant et rejeté d’un espace à l’atmosphère d’une violence sourde.

Face à cet agencement minutieux, il est tenté d’adopter l’attitude d’un enquêteur explorant différentes hypothèses contradictoires. Ici, plusieurs activités ordinairement incompatibles semblent s’être croisées. Une certaine irrésolution naît alors d’un sentiment à la fois d’une radicale étrangeté et d’une familiarité avec la scène figée. Dans cet espace équivoque, toute logique linéaire est immédiatement désamorcée par divers glissements, ruptures et télescopages.Un cadre narratif ouvert est amorcé. Plus qu’un récit, une intrigue se noue entre les sculptures, les objets et les accessoires qui apparaissent comme les excroissances d’un système fictionnel. Dans cette scénographie au caractère illusionniste, tout objet devient un indice plus ou moins réaliste, articulant plusieurs scénarios possibles. Par un effet de réciprocité, le décor sert de caisse de résonance et d’espace de projection aux sculptures présentées.

L’exposition balance entre l’abstraction d’un espace de projection mentale et l’expérience physique d’une installation globale, jouant avec l’illusion d’un décor peu plausible. Dans Johnny vingt-trois, « les hiboux ne sont pas ce que l’on croit »..

Émilie Renard